Situation en Belgique

La mortalité

Pour l’année 2011, le gouvernement a recensé plus de 104.000 décès en Belgique. Parmi ceux-ci, 35% se passent en Région Wallonne et 9% dans la région de Bruxelles-Capitale. Les décès suite à un traumatisme correspondent à 6,5% des décès en Belgique. Chaque jour, en Belgique, 18 personnes meurent des suites d’un traumatisme.

Selon la CIM-10, le taux de mortalité suite à un traumatisme est de 8 % de décès en région wallonne, 7 % en région de Bruxelles-Capitale et 6 % en région Flamande. Les morts non naturelles sont plus fréquentes chez les hommes et ce, quelle que soit la région. Les différences liées au sexe sont significatives. En 2011, 60% des décès suite à un traumatisme concernent les hommes, alors que ces derniers ne représentent que 49% Statistics Belgium, « Population par sexe et nationalité pour la Belgique et les régions, 2003 et 2013 », http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/chiffres/population/structure/natact/beletr/#.U3S8y_ImTfU de la population belge. Il y a donc eu 1,5 fois plus de décès traumatiques chez les hommes que chez les femmes belges.

La moitié des décès par traumatisme se passent chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Dans cette catégorie d’âge, les décès sont plus fréquents chez les femmes (1,14 fois plus à risque de décès suite à un traumatisme que les hommes). Dans la catégorie d’âge des 25-64ans, les hommes sont 2,5 fois plus à risque de décès traumatiques que les femmes.

Les décès intentionnels

En 2011, ils représentent 2 % de tous les décès et 31% des décès suite à un traumatisme. Sur un total de 2084 suicides Eurostat, « Décès dus au suicide par sexe », http://ec.europa.eu/eurostat/tgm/table.do?tab=table&init=1&language=fr&pcode=tps00122&plugin=1 en 2011, 7 % ont lieu dans la région de Bruxelles-Capitale et 38% en région wallonne. Lorsque l’on standardise le taux pour 100.00 habitants, la Wallonie est toujours en tête. La Belgique se situe dans la catégorie des pays où le taux de suicides est assez élevé, il est de 18,7 pour 100.000 habitants en 2010 (dans l’Europe des 28, le taux est de 11,8).

Les hommes Centre de Prévention du suicide, « Le suicide un problème majeur de santé publique », http://www.preventionsuicide.be/ressource/static/files/dossier_introsuicide_septembre2012.pdf sont près de 2,5 fois plus à risque de suicide que les femmes. Près de 70% des suicides ont lieu entre 25 et 64 ans. Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 23% de tous les suicides. Le suicide est la première cause de mortalité dans la tranche d’âge des 25-44 ans (30% de tous les suicides). Parmi les 15-24 ans, il est en 2ème place, après les accidents de la route.

La problématique du suicide ne se limite pas à l’acte mortel mais se compose également des idéations et des intentions suicidaires, des comportements suicidaires indirects et des tentatives de suicides. Selon l’Institut de Santé Publique, on dénombre environ 20 fois plus de tentatives de suicide que de suicides.

Les décès non intentionnels

Parmi ces décès, nous retrouvons principalement les accidents de la route et les chutes.

Les accidents de la route correspondent à 13% de tous les décès par traumatisme. Ils sont la première cause de décès dans la catégorie d’âge des 15-24 ans. Cette dernière correspondait à 162 décès en 2011, soit 18% de tous les décès par accident de la route. Plus de la moitié des personnes décédées dans un accident de la route ont entre 25 et 44 ans. Quel que soit l’âge, les hommes sont plus touchés que les femmes. En tenant compte du taux de décès standardisé, la région wallonne présente 11 décès par accident de la route pour 100.000 habitants, la région de Bruxelles-Capitale 3,6 et la région flamande 7,6.

Les chutes représentent près de 20% des morts violentes en Belgique. Elles se produisent essentiellement chez les personnes de plus de 65ans (plus de 80% des décès suite à une chute).

La morbidité

L’Institut Scientifique de la Santé Publique (ISSP) a établi, sur base de l’Enquête Nationale de Santé par Interview en 2008, que près de 7% de la population belge déclare avoir été victime d’un accident ayant entraîné une consultation médicale dans les 12 derniers mois. Jusqu’à l’âge de 44 ans, ce sont davantage les hommes qui consultent. Après 75 ans, ce sont les femmes.

La fréquence des accidents entraînant une consultation médicale diminue de 9% en 2001 à 7% en 2008.

Dans la Région de Bruxelles-Capitale, il n’y a pas de différence de fréquentation en fonction de l’âge et du sexe. En Région wallonne, après standardisation pour l’âge, une différence se marque entre les hommes (7%) et les femmes (5%). Le niveau d’éducation joue également un rôle dans la fréquence de morbidité, les personnes avec un diplôme de l’enseignement supérieur sont plus vulnérables (6,5%) que les personnes à faible revenu.

Les différents traumatismes non mortels

Les accidents de la route

Selon l’enquête nationale, 1,2% des citoyens belges déclarent avoir été blessés dans les 12 derniers mois. Il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes. En tenant compte de la population belge, le niveau socio-économique joue un rôle dans la fréquence des blessures : diplôme secondaire supérieur (1,6%) et diplôme de l’enseignement supérieur (0,9%)

Dans la région de Bruxelles, la fréquence est plus élevée dans la catégorie d’âge des 45-54 ans. Il n’y a pas de différence entre les niveaux d’éducation.

En Wallonie, la fréquence est plus élevée dans les catégories des 15-24 ans et des 45-54 ans. Il n’y a pas non plus de différence entre les niveaux d’éducation, mais une différence se marque par rapport au niveau d’urbanisation : zones semi-urbaines (2,2%) et zones urbaines (0,6%).

Les accidents de travail

3,3% de la population active au travail (15-64 ans) s’est blessée dans les 12 derniers mois. Les hommes (3,9%) sont plus touchés que les femmes (2,6%). En tenant compte de l’âge, les accidents sont plus fréquents chez les 15-24 ans (6%) que chez les plus de 45 ans (2,3 à 2,2%). Il n’y a pas de différence significative entre les zones d’habitation.

A Bruxelles, contrairement à la Belgique tout entière, aucune différence n’est constatée.

En Wallonie, il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes. La survenue d’accidents est moins élevée dans la catégorie d’âge 55-64 ans. Après standardisation pour l’âge et le sexe, il existe une différence entre les différents niveaux d’éducation : secondaire inférieur (7%) et diplôme de l’enseignement supérieur (2,5%).

Les accidents scolaires

Ils concernent 0,9% de la population belge. Près de la moitié de ceux-ci se passent chez les 12-18 ans. Il n’y a pas de différence dans la survenue des accidents, ni en fonction du niveau d’éducation, ni en fonction du degré d’urbanisation.

Les accidents domestiques et de loisirs

Ils touchent 3,4% de la population belge. Il n’existe de pas de différence en fonction du sexe, du niveau d’urbanisation et du niveau d’éducation. Les personnes de plus de 75 ans sont les plus vulnérables (7%), surtout les femmes.

Les causes des traumatismes

Selon l’enquête nationale de santé 2008, les chutes sont responsables de 54% des accidents non mortels, les collisions/coups/heurts de 28%, et les coupures de 8%. Les chutes sont plus fréquentes dans les catégories d’âge des 0-14 ans (66%) et des personnes de plus de 65 ans (plus de 75 ans). Le niveau socio-économique joue un rôle sur les causes. Les chutes sont moins fréquentes chez les personnes ayant un diplôme de l’enseignement supérieur que chez celles ayant un autre niveau d’éducation (56-57%). Les collisions, coups et coupures sont plus élevés chez les personnes plus éduquées que chez les moins scolarisés.

Le lieu de résidence est un facteur influençant également les traumatismes. Les personnes qui résident dans des zones semi-urbaines rapportent plus d'accidents par chute (62%) et moins d'accidents par coups ou collision (23%) que dans les milieux urbains (respectivement 48% et 28%), ou ruraux (respectivement 58% et 30%). Les coupures sont plus fréquentes dans les zones urbaines.

Les traumatismes causés par les chutes sont plus fréquents en Flandre. Mis à part cela, les différences dans les régions sont semblables à celles de la Belgique.

Les conséquences des traumatismes

Les traumatismes ont pour conséquence des fractures (30%), des entorses, des foulures et déchirures des ligaments (27%) et des plaies (26%).

Les plaies touchent davantage les hommes (30%), et les fractures les femmes (32%).

L’âge est un facteur déterminant dans la conséquence des accidents. La fréquence des fractures augmente avec l’âge : de 18% pour les 0-14 ans à 44% pour les plus de 65 ans. Les plaies représentent 50% des traumatismes chez les enfants de 0 à 14 ans.

Le coût des traumatismes

Selon une étude C. Senterre, A. Levêque, L. Di Pierdomenico, M. Dramaix-Wilmet and M. Pirson, “Epidemiology of Injuries in Belgium: Contribution of Hospital Data for Surveillance,” BioMed Research International, vol. 2014, Article ID 237486, 13 pages, 2014. menée en 2010 dans 13 hôpitaux belges, le coût médian pour la sécurité sociale lors d’une hospitalisation est de 1376,6 euros. Les chutes accidentelles sont les causes qui ont un coût le plus élevé, jusqu’à trois fois le coût d’une hospitalisation suite à une tentative de suicide. Ceci peut s’expliquer par le fait que les chutes se produisent le plus souvent chez les personnes âgées (âge médian 74 ans) qui ont d’autres maladies et dont le séjour hospitalier est plus long.

Publics vulnérables

Les enfants de 0 à 5 ans, les enfants en âge scolaire et les personnes âgées de plus de 65 ans sont les 3 populations les plus vulnérables.

Les enfants de 0 à 5 ans

En 2011, 54 décès suite à une cause Statistics Belgium, « Population- causes de décès 1998-2011 », http://statbel.fgov.be/fr/modules/publications/statistiques/population/downloads/population_-_causes_de_deces.jsp#.U3TuJ_ImTfU externe ont été enregistrés chez les enfants de moins de 5 ans, ce qui représente 10% des décès infantiles dans cette catégorie d’âge. Parmi ceux-ci, 60% des traumatismes se sont produits chez des enfants de 1 à 4 ans. Il convient donc de différencier les enfants de moins d’un an de ceux qui ont entre 1 et 4ans, sans tenir compte du genre (il ne semble pas être un facteur déterminant à cet âge-là).

Le taux de mortalité, chez les très jeunes enfants, est relativement élevé en raison de maladies infantiles et de malformations congénitales, dont l’effet létal se traduit dans les premiers jours ou premiers mois de vie. Les causes non naturelles de décès chez les enfants de moins d’un an ne représentent que 5% de la mortalité infantile. Dans cette tranche d’âge, les traumatismes affectant les voies respiratoires, comme les étouffements, sont responsables de plus de 60% de décès.

Chez les enfants entre 1 et 4 ans, la noyade est la cause principale de décès (25%), suivie des accidents affectant les voies respiratoires (19%), des accidents de transports (16%) et des expositions à la fumée, au feu et aux flammes (9%).

Les agressions et violences faites envers les enfants de moins de 5 ans représentent 9% (5 décès en Belgique en 2011) de tous les décès suite à un traumatisme, ce qui correspond à 14% chez les enfants de 0 à 1 an et 6% des enfants de 1 à 4 ans.

Les enfants en milieu scolaire

Dans l'étude sur la santé et le bien-être des jeunes scolarisés (enquête HBSC) de D. Piette et al. (ULB, 2002), 33% des jeunes disent avoir été blessés ou soignés suite à un accident. Parmi les jeunes enfants de 5 à 14 ans scolarisés, un quart de la population féminine et un cinquième des garçons présentent au moins un traumatisme. Les foulures et entorses constituent la conséquence la plus fréquemment mentionnée des accidents chez les jeunes de 11 à 18 ans.

L'étude réalisée par C. Senterre et al. (ULB, 2006) auprès de deux organismes assureurs donne des informations sur le lieu, le mécanisme, les parties du corps atteintes ainsi que les lésions observées. Cette étude montre que les accidents scolaires ont lieu majoritairement dans la cour de récréation et dans la salle de gymnastique.

Les mécanismes à l'origine de l'accident sont les chutes (52%), les contacts avec quelqu'un ou quelque chose (24%), les mouvements (14%), et les autres mécanismes (10%). La tête et le cou sont les parties les plus fréquemment atteintes (41%).

Les autres parties du corps atteintes sont par ordre décroissant: les membres supérieurs (32%), les membres inférieurs (20%), les atteintes générales ou multiples (4%), le tronc ou le bassin (3%).

Les personnes âgées de 65 ans et +

Selon l’enquête nationale de santé 2008 S. Drieskens, « Enquête de santé par interview, Belgique 2008 », https://his.wiv-isp.be/fr/Documents%20partages/TR_FR_2008.pdf, 7% des personnes âgées de plus de 65 ans déclarent avoir été victimes d’un accident ayant entraîné une consultation médicale. Ce taux augmente avec l’âge, il passe de 5% chez les 65-69 ans à 10% chez les 85 ans et plus. Il varie également en fonction du lieu de résidence : 5% en Région Wallonne, 7% en Région Flamande et 8% en Région Bruxelloise.

En ce qui concerne les chutes accidentelles The Centre for Operational Research in Public Health, SPMA: Standardized Procedures for Mortality Analysis - Belgium, https://spma.wiv-isp.be/SitePages/Home.aspx, 24% des personnes interrogées déclarent en avoir au moins fait une les 12 derniers mois. Ce taux augmente avec l’âge, il passe de 15% chez les 65-74 ans à 37% chez les 85 ans et plus. Il varie en fonction du sexe (2 fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes), du lieu de résidence (32% en Région Bruxelloise et 22% en Région Flamande), mais il ne varie pas en fonction du niveau socio-économique. Une personne âgée de plus de 65 ans fait, en moyenne, 3 chutes par an.

    Les conséquences des chutes sont multiples :
  • une fracture (conséquence la plus fréquemment relevée chez les personnes de plus de 65 ans),
  • une entorse, une foulure ou une déchirure des ligaments,
  • une plaie.
  • une personne sur 2 rechute dans l’année.

La personne âgée réduit ses activités par peur de tomber (syndrome post-chute), et perd partiellement confiance en elle, ce qui accélère le déclin de ses capacités fonctionnelles.

Les traumatismes chez les personnes âgées en Belgique - Educa-Santé - 2006 (41 Ko)

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